( 17 octobre, 2011 )

Le patois : L’enseigner ou le transmettre ?

Le « boutillon de la mérine » numéro 20, d’octobre 2011 est paru . Le «  mot d’écrit » édité par le Musée des Bujoliers relate les événements marquants des festivités traditionnelles survenues les semaines passées et nous dévoile les gagnantes du concours de millas 2011 , citant ainsi Mme Barbraud Jacqueline, au tableau d’honneur des grands chefs « millassous ».
 Un article reprenant l’action bienveillante de R Ribéraud qui recherche des moyens d’actions et souhaite « mettre au point la meilleure formule à adopter pour enseigner le patois » , interpelle le lecteur . Je crois pouvoir traduire la formule alambiquée par ce qu’un enseignant nommerait une «  méthode pédagogique » Comment ne pas se réjouir ? D’autant que le « boutillon de la mérine » met à disposition, pour cet usage une « patoigraphie  du début de l’aire sergent major » avec traduction française , sur la page suivante .
Texte avant-gardiste ou les générations montantes, adeptes des sports de plages modernes découvrirons que certaines demoiselles osent déambuler (horreur ! ) sans cotillons et pire : sans ombrelle (inconscience ! ) Texte ou nos jeunes têtes, fières des Airbus A380, s’esbaudiront peut être de la grosseur (?) du ballon « d’Rochefort » et auront bien du mal à imaginer la taille d’une pièce de cent sous. Ce texte rappelant par delà le siècle passé, l’époque désormais désuète et révolue des «  bains de mer » est assurément un support pédagogique incontournable pour enseigner le patois …… à nos anciens dans les maisons de retraite, peut être …… Mais ne seraient ce pas eux, les mieux à même de nous le transmettre , ce patois.

Rappelons que, notre langage traditionnel , n’a survécu , n’a perduré en s’adaptant à toutes les époques traversées, seulement et exclusivement par la transmission orale. Nos grands érudits aux actions de linguistes n’ont jamais permis autre chose que de momifier à une époque ou une autre ce qu’ils ont cru être notre culture . Jônain et Burgaud des Marets n’ont jamais transmis notre langue à quiconque qui ne la possédait déjà  ; Mais par contre , quelques uns de nos pères étaient en mesure de leur en apprendre , par la voix , bien des tournures .

Puisque l’effort à fournir semble désormais utilement appréhendé, essayons d’illustrer la situation par une parabole très courte . Elle sera patoisée bien sur et sans aucun conservateur . Une chose est sure : Pas besoin de « conservateur » pour l’adjectif *tanné, expliqué dans le « support » pédagogique du « boutillon » . Ce n’est absolument pas un mot de patois Charentais et ne signifie ni doré , ni bronzé mais simplement tanné (en Français, voir dico ).
 

PARABOLE  DAU DRÔLE  CHÉTI     (Parabole de l’enfant méchant)

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1 Commentaire à “ Le patois : L’enseigner ou le transmettre ? ”

  1. T . Quentin dit :

    Merci de cet article et bon jour !

    L’enseignement d’une langue est une véritable spécialité . Cela nécessite une longue formation très pointue, des techniques bien acquises et des outils pédagogiques qui , concernant l’expression orale des Charentes , n’existent pratiquement pas . Ils s’en trouvent, absolument contestés, généralistes à l’excès et qui ne collent absolument pas à l’infinie variété de nuances, des idiomes rencontrés en Charentes .
    Il paraît , à l’évidence , que l’utilisation d’un support (bien que notable ) tel celui présenté pour un éventuel enseignement, serait absolument « contre productif » et ne conduirait qu’à un rejet du patois par les jeunes Charentais .
    Je suis favorable aux techniques de transmission qui me semblent plus simples , plus naturelles et bien plus adaptées pour la sauvegarde d’un moyen d’expression orale .Tant qu’a fabriquer des sabots que bien peu veulent encore chausser , autant les façonner suivant les méthodes traditionnelles . Ils auront au moins l’avantage d’une certaine authenticité !
    La parabole de l’article me chagrine un peu. Elle est très réductrice des paroles de Saint Luc sur la bonté. Sa narration tend a faire entendre que la méchanceté sera pardonnée par le Père car Il est bon. . Ce n’est pas là le message des évangiles . …Je n’y vois pas mauvaise volonté de l’auteur , peu être une maladresse de formulation .
    J’espère retrouver souvent vos articles sur le blog Kanentelos. Au prochain donc !

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