( 23 février, 2011 )

La charve . De la graine à la graine

Le nombre de vos visites sur le billet d’avant propos  démontre votre intérêt pour le sujet de cette série . Vous en avez fait , une seule semaine après sa mise en ligne, l’article le plus consulté de ce tome 4 . Ce résultat confirme qu’un moyen aussi actuel et dit « moderne » qu’est l’internet  est un média des plus efficaces pour  l’expression de nos identités charentaises . Quel autre moyen permettrait  d’offrir une diffusion en libre service gratuit  qui soit graphique, audio et quelques fois vidéo,  à la transmission de nos racines et à la mémoire de nos pères ?

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Culture de chanvre. Les pieds femelles sont repérables à leurs sommités chargées de graines

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Louis Kiément Botourboux  (sabots chargés de tourbe) nous a décrit , dans une relation très riche, tout son savoir sur le chanvre.  Cette transmission qui vous est restituée par la voix de quelques patoisants  dans cette série , nous est parvenue dans un très beau et très riche patois ou l’esprit de notre identité est adroitement mis en valeur. Nous regrettons d’en avoir tronqué l’entrée en matière, pour des raisons de durée des enregistrements . Cette entrée en matière nous offre pourtant des mots superbes de notre vocabulaire patois  et nous vous les signalons dans cette page, incorporés au lexique .
 

La charve  – Dau s’mis jhusqu’à d’ n’en  reucolté la gueurne.

 

Note: « Louiquichante Terjhou  » dit aussi kiément botourboux n’a jamais employé le mot patois « Gueurne«   pour désigner la graine dans sa narration . Louis Martin alias Botourboux était maraîcher à Trizay!  Faut il voir  en ce choix la victoire des termes technologiques  français de sa profession ?

Bas âjhe : Petite enfance, les plus jeunes années de la vie.
Carré : surface de culture réservée à des spécialités ( légumes , herbes aux lapins). La surface en est le plus souvent limitée. Ce mot est utilisé en ce sens dans de nombreuses provinces et pas seulement Françaises puisque on le retrouve  jusqu’en Belgique.
Carreau. Unité de  surface non officielle et désespérément variable. Carreau à aussi
le sens du carré précèdent.
 Jhau : Ici le mot a le sens de haut ; Jhâ est ailleurs où parfois employé dans le même sens. Mais , n’ignorons pas  le coq qui est aussi  » in jhau et in jhàlé en son bas âjhe ».
5 pié : Unité de longueur (le pied français ) qui équivalait à la longueur moyenne d’un pied humain, en moyenne 30 centimètres . Soit une hauteur des tiges de chanvre de 1,50 mètres . Cette unité est elle aussi variable géographiquement  ( Songez au cas du royaume de Berthe aux grands pieds , lolll ) .
Ranjhe à bord: (le père) équivalent de l’actuel, mais déjà vieillissant  père fouettard. Celui qui maintient l’ordre établi .
éssée: Bêche
réjhon: Sillon. In réjhon peut se comprendre petit sillon ( p’tite rèjhe)
passepied:  espace laissé libre à l’intérieur d’une culture, pour l’accès de l’homme et des instruments de culture. Le passe-pied peut être  large jusqu’à permettre le passage d’animaux d’attelage.  Les espaces équivalents à ces usages, situés en périphéries, sont eux, des « chintres , cheintes, … » 
f ‘rian : ferian par élision où altération du (e)(/e/) correspond au français friand .
babouin : épouvantail.
rouinssour: Cavité inondée dans  le sol  , naturelle où artificielle où les tiges de chanvre sont immergées afin que la fibre s’en détache du tronc  . La putréfaction  est le principal acteur de cette séparation.
meure : (séyiant meures) : soient mûres . Cette forme est sans doute devenue inhabituelle  pour les locuteurs comme pour les patoisants .
ariché : Arraché
acoté : appuyé sur le – les  cotés ,cote à cote sur une longueur où une circonférence.
valdraque:  Désordre , ( à la valdraque et plus rarement en valdraque )
abeurié :  Abrité Se dit aussi  abrié
banche : Bâche
quereux : Espace libre  , place de village  herbeuse ou empierrée , plate forme non close souvent à usage commun  .
Dans l’entrée en matière  :
Tu t’égrusse : Tu cries
Vieux r’ssazian : Vieux rassasiant- Vieil embêtant ( tout un panel de gentillesses allant d’ennuyeux à dégoûtant, en passant  par énervant et renforcé encore par le mot vieux.
Tout uniment. Tout simplement
M’en délapacé. M’en débrouiller , en avoir la maîtrise .
Guenighé des balins : Contre plier , plier le linge , ici des draps

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