( 17 février, 2011 )

Le chanvre , avant propos .

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Bien que rarement mis en avant dans la liste de nos productions traditionnelles charentaises , le chanvre fut l’un des piliers de notre agriculture, que ce soit pour l’huile de ses graines ou bien pour la fibre de ces tiges , la culture et la transformation de cette plante ont laissé de fortes marques  en nos identités .

Votre Blog Entre 16 & 17 propose une évocation , en plusieurs volets de ce sujet . Ce premier billet , en avant propos et en Français , espère donner la mesure de l’importance du chanvre ( de la charve) dans la vie de nos prédécesseurs et susciter chez nos sympathiques visiteurs l’envie de consulter les billets qui suivront:

Les épisodes suivants seront en langue traditionnelle Charentaise , les voix de Nono Saute Palisse et Célestin vous transmettront une relation de l’un de nos meilleurs patoisants saintongeais . Homme de la terre, locuteur magistral en ce patois qu’ il connaissait parfaitement et qui savait exprimer nos racines , les choses , les hommes, la vie de nos Charentes . Son patois était  une langue à l’usage de sa culture, de son peuple et de son territoire .

Les dernières années 1800 ont connues le déclin de la culture du chanvre. Les tisserands charentais sont disparus dans le même temps . Au début de ce siècle, 1800 hectares de nos terres étaient alors employées à la culture du chanvre et du lin dans le seul département de la Charente . Chaque trou d’eau, chaque fossé , chaque ruisseau était  empoisonné , infecté , pollué pendant les six semaines ou les tiges étaient mises à rouir (pourrir) . La filasse obtenue après avoir été débarrassée de la majorité de sa paille après rouissage et séchage est peignée et sérancée (pas toujours ni partout ) avant d’être livrée aux tisserands pour transformation en trois sortes de toiles : La toile de brin , la toile de réparonne et la toile d’étoupe . La production annuelle de filasse dans le département avoisine les 541.000, 00 Kg ( Imaginez le volume ) permettant la fabrication de 617.500,00 mètres de toile . Le filage est partout manuel et destructeur de la peau des doigts . Toutes les femmes de la campagne jeunes ou très vieilles , les servantes dans les villes, filent dès qu’elles ont les mains libres . Une très bonne fileuse ne pouvait transformer en fil plus d’un demi kilogramme par jour soit un revenu de 40 centimes (A la même époque une paire de sabots coute 3 francs et une douzaine d’oeufs 50 centimes) .
Les tisserands Charentais étaient alors au nombre de 2030, mais pour la plus grande part, c’est une activité qui n’est pratiquée qu’à la morte saison agricole . Un grand nombre des tisserands , qu’ils soient de la Charente Limousine ou bien Saintongeoise envoient leurs toiles pour être blanchies à La Rochefoucaud ou elles sont lessivées puis exposées à la rosée et au soleil .

Les corderies sont aussi utilisatrices de chanvre. Autour de Cognac sont fabriqués les cordages de gabarres . La production Charentaise de cordes et de cordages est absolument insuffisante aux besoins du département.

Les articles qui suivront expliqueront en patois les travaux de culture , récolte, rouissage, préparations…. etc , jusqu’au filage de la filasse de chanvre . Maintenant que vous avez pris la mesure de ce que cette plante signifiait pour nos familles , nos identités , vous aurez sans doute plaisir à la retrouver , contée dans la langue de ceux pour qui ce végétal a rempli le «  cabinet’à ma grand-mère » de chemises et de draps indestructibles .

A NE PAS MANQUER CETTE FIN DE SEMAINE

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