Dès braves ghens .
Pasque zeu Paradis ol était zeu villaghe, fait tout à l’esprès peur des braves ghens coume zeux.
Voici, une narration éloquante et sensible d’ Ajhasse suivant une relation de Gisèle Schnuck , des années 1970 , pleine d’humanité d ’humour et de respect, elle met admirablement en valeur notre culture traditionnelle. Que ce soit sur le fond comme dans la forme Gisèle Schunck est absolument imprégnée de l’esprit Charentais . Ceux de sa lignée , venus donner la main, donner leurs mains expertes à l’assèchement de nos marais, à l’époque du règne de Louis le treizième , ont assurément de plein droit et de tant de mérites , l’honneur d’êtres » Ghens de thieu long » Qu’ils soient remerciés de tous leurs apports et de ce qu’ils nous apportent encore aujourd’hui. En voici un exemple , pour votre plaisir :
Grand merci à l’auteur de son accord enthousiaste pour la mise en page sonore et pour la diffusion sur Kanentelos – entre 16 & 17 . Merci , tout autant , à Ajhasse pour son interprétation . Elle a bien mérité d’un bon » mijhot’ bien frais (dont elle a le secret ) , aux jours chauds qui s’annoncent ?
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Li s’appeule Gaétan, lé s’appeulait Églantine . Qu’ol éyisse encore des chaffres de même, ol é ben jholi ! Jh’ai t’écrit « s’appeulait » pasqu’a s’est en allée ent’ quate pianches, tantoût. Vous m’direz qu’o fait reun , qu’ol était pas ine queneussance, mais si vous queuneussez Talmont vous peuvez vouèr zeu méson , dessous l’rempart , a rase-pet d’la mer. Ol é pas ine méson d’estivant, jholie peur l’été et feurmée l’hivar , fieurie in moès et piène d’ortighes le rastant dau temps . Zeu méson a des fieures de toutes saisons : des quéris en mars, des passe-roses en mai, des lis peur la coumunion, des daïas en octobe, des vendangheuses peur novembe et des soucis peur toute l’an-née.
Églantine, vous l’avez b’ vue avec ses poules et l’ jhau devant sa porte et Gaétan , s’il était pas au jhardrin darrière la murette, l’était au carr’let à la Toure Blanche. Eglantine gardait ses poules peur pas qu’a z’alliant dessous les vouétures ou beun dans l’ massif central . Ol é pas la peine de bireuiller d’même! A Talmont, jh’avons in massif central en mitan d’la piace, à l’entrée dau bourg. Y’a troès ou quat’ rosiers et des tamarins qui s’battant en duel avec le vent de galarne et les éronces.
Et v’la-t-y pas qu’in jhour , not’ Mare , qu’avait dû chére dau mouvais coûté dau lit, avait fait assavouér à Gaétan, peur voué officiale (ol é d’même qu’i z’ou z’entend ) qu’i d’vait sarrer ses poules, rapport au massif. Et Gaétan, dépeû, gardait ses poules de poure qu’a z’alliant gratter leû pouilles su l’massif central.
Don , not’ veille Églantine a passé d’l'aut’ bord. Ol a pas gheiné les voésins, al a mourru chez ses enfants, à Saint Quentin de Rançannes et l’entarrement était là-bas, le dimanche.
Jh’étions teurtous ben en peine et jh’avons décidé d’aller la-bas peur Gaétan, et lé la paure veille amie. Jh’arions quaziment pu louer in car, tout Talmont y’était : Le Mare et soun’ adjhoint, tous thiéllés dau Caillaud, le thiuré, moué’tou, enfin tout l’villaghe avait délégué thieuquin. Coume o y avait otout des ghens de St Quentin, l’églyise était trop p’tite. M’est avis que , dans sa peine, not’ paure amit a dû avouèr dau réconfort de vouèr que deux villaghes s’étiant dépiacés peur li et sa définte .
Le prète de là- bas a dit sa messe et jh’ai vu ine chouse pas créyabye: le pu mouvais bouffeur de thiuré de Talmont qu’a-t-été biser l’Jhésus à l’offrande. O f’lait beun qu’o sèye peur Églantine ! …
Y’a t’ine affaire que jh’ai pas compris; le prète a parlé de purgatouère et d’pardon. Me d’mande ce qu’a z’y f’rait dans l’purgatouère et thieu qu’o y’avait à li pardouner? Reun !…. Al était faite de bon pain. A preuve: a mentait même pas su l’goût des eûs d’ses poules . A prévenait les estivants qu’i z’étiant frais mais qu’i z’aviant in p’tit goût d’fraichin: Qu’o v’nait que les poules pigossiant des puzes de mer su la piaghe. Y en n’a pas jholiment aneut peur dire des chouses de même aux clients ; Y feriant putoût le contraire.
Moé , jhe seus sûre et çartaine qu’ Églantine l’a retrouvé son Paradis. Jhe seus sûre que dans n’in coin dau ciel y’a t-in’ aute Talmont avec ine veille méson dans les remparts, toute fieurie, avec des poules et jhe seus sûre que son vieux la r’trouvéra là , quant i passera li ‘tou. Pasque zeu Paradis ol était zeu villaghe fait tout à l’esprès peur des braves ghens coume zeux.





